Huiles d’ahiflower et de sacha inchi : des novel foods prometteurs

 

Que sont les novels foods ?

 

Voici la définition de l’ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) : « Les novel foods sont des aliments ou ingrédients alimentaires non consommés dans la Communauté européenne avant 1997. Ils peuvent être d'origine végétale, animale, issus de la recherche scientifique et technologique, mais aussi de traditions ou de cultures alimentaires de pays tiers ».

Nous allons nous intéresser à deux d’entre eux : les huiles d’ahiflower et de sacha inchi (ou Inca inchi).

 

L’huile d’Ahiflower

 

L’ahiflower (en anglais) est connu sous le nom latin de Buglossoides arvensis, ou Grémil des champs en français. C’est une plante herbacée de la famille des Boraginacées, dont fait partie la bourrache par exemple. Ses graines servent depuis peu à fabriquer une huile aux propriétés remarquables (Nature’s Crops International Ltd., Canada). Cette dernière contient plus de 60% d’oméga-3 (d’avantage que le lin et autant que la perilla). Mais la vraie différence par rapport aux autres huiles super riches en oméga-3 est sa teneur en acide stéaridonique (SDA) ; elle en contient 20%, soit la valeur la plus élevée du règne végétale connue à ce jour, et ce, sans être génétiquement modifiée. Le SDA est un oméga-3 rare qui est bien plus efficace que l’acide alpha-linolénique (ALA) du lin ou du colza pour sa transformation en EPA, acide gras aux propriétés biologiques importantes [2]. En effet l’étape limitante de la delta-6-désaturase qui pénalise l’ALA n’intervient pas pour le SDA (cet acide gras possède une insaturation de plus que l’ALA).

C’est une huile qui permet une biosynthèse d’EPA 3 à 4 fois plus importante que l’huile de lin. Mais pourquoi se préoccuper de l’EPA alors que l’on peut en trouver dans le poisson gras ? Tout simplement pour les végétaliens (vegans) qui ne consomment aucun produit d’origine animale, donc pas de poisson. L’huile d’ahiflower est finalement un produit particulièrement prometteur pour les vegans.

 

Sacha inchi (ou Inca inchi)

 

Sacha inchi (Plukenetia volubilis) ou cacahuète des Incas est une plante native d’Amérique du Sud. Elle cultivée sur les hauts plateaux des Andes au Pérou.

 

C’est aussi une plante dont les graines sont particulièrement riches en oméga-3. Son huile contient environ 48% d’oméga-3, soit plus que la cameline mais moins que le lin. Tout comme le lin elle ne contient que de l’ALA et pas de SDA. Elle a cependant un avantage quant à sa teneur en vitamine E : 17mg/100g, soit 3 fois plus que le lin qui en est très pauvre. Cela lui procure une meilleure stabilité contre le rancissement. Cette huile est surtout utilisée en cosmétique, mais est maintenant disponible pour l’alimentation. Pour l’instant l’inconvénient majeur reste son prix élevé, faute à un marché encore trop peu développé. C’est une produit très intéressant pour les petits consommateurs d’huile (ou ceux qui ne veulent prendre que de l’huile d’olive). Une simple cuillère à café permet de couvrir les besoins journaliers en oméga-3 (ALA). Une étude pilote a montré qu’elle fait baisser le cholestérol total et augmenter le HDL-cholestérol [3].

 

 Fabien Piasco – Tous droits réservés ©

 

 

Références

 

1.    Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES). Nouveaux aliments et ingrédients alimentaires. https://www.anses.fr/fr/content/nouveaux-aliments-et-ingr%C3%A9dients-alimentaires-novel-food

2.    Lefort N, LeBlanc R, Giroux MA, Surette ME. Consumption of Buglossoides arvensis seed oil is safe and increases tissue long-chain n-3 fatty acid content more than flax seed oil - results of a phase I randomised clinical trial. J Nutr Sci 2016 Jan 8;5:e2.

3.    Garmendia F, Pando R, Ronceros G. Effect of sacha inchi oil (plukenetia volúbilis l) on the lipid profile of patients with hyperlipoproteinemia. Rev Peru Med Exp Salud Publica 2011 Dec;28(4):628-32.